Pourquoi cet engagement dans le domaine énergétique?
Les questions énergétiques m'ont toujours passionnée, surtout dans un contexte de pénurie proche. J'ai d'ailleurs des mandats privés dans des compagnies électriques.
En somme, la FRE vous servira de lobby pour le nucléaire?
La FRE n'est pas un lobby mais un lieu de discussion, avec des parlementaires, des scientifiques et des représentants de l'économie. Cela étant, il n'y a pas de miracle: 40% de notre consommation électrique provient du nucléaire, 56% de l'hydraulique et le solde de divers thermiques. Malgré des efforts importants, l'éolien et le photovoltaïque ne représentent malheureusement que 0,06% de la production. Et pour diminuer les émissions de CO2, on utilisera davantage d'électricité: voitures électriques, pompes à chaleur, etc.
Vous ne croyez pas aux énergies renouvelables?
Il faut les développer, mais ce n'est pas avec elles qu'on va remplacer la part du nucléaire dans un avenir proche. La production d'énergie éolienne, par exemple, varie d'une heure à l'autre, en fonction du vent, alors que votre machine à laver, elle, tourne quel que soit le temps qu'il fait.
Est-ce difficile d'aller à contre-courant du mouvement vert actuel?
Non, car je me situe dans l'honnêteté pragmatique, au contraire des nouveaux gourous de l'écologie dont le discours relève de la pure profession de foi. Veulent-ils être efficaces sur le climat ou punir les Suisses en leur rendant la vie difficile? Certaines théories missionnaires sont une manière d'imposer un mea culpa collectif. Ne vouloir réduire qu'en Suisse les émissions de CO2 quand, avec le même investissement, vous êtes douze fois plus efficace à l'étranger relève du dogmatisme.
(Propos recueillis par le magazine Bilan)