Huit citoyens sur dix font confiance aux ouvrages existants et une majorité de la population approuve le remplacement des anciennes centrales par de nouvelles installations nucléaires. Tels sont les enseignements d’un sondage d’opinions réalisé en octobre 2009. Ainsi, malgré plusieurs dizaines d’années de campagnes politiques hostiles et le lancement de sept initiatives populaires, les Suisses ont pris la mesure des atouts énergétiques de l’atome.
Le dernier sondage sur l’image du nucléaire dans notre pays a touché 2227 personnes, ce qui en fait un outil d’appréciation représentatif. Au terme de la consultation, l’attitude de la population suisse face à cette forme d’énergie peut être qualifiée de «critique mais favorable». 73% des personnes interrogées considèrent la production nucléaire actuelle comme étant indispensable à la sécurité d’approvisionne-ment du pays. Selon 82% d’entre elles, les installations existantes sont sûres.
Une majorité est également d’avis que le nucléaire va se développer dans le monde au cours des prochaines années. 54,6% se disent favorables au remplacement des centrales suisses existantes par de nouveaux ouvrages nucléaires, alors que 41% y sont opposés, compte tenu de 4,3% d’indécis. En revanche, le rôle du nucléaire dans la sauvegarde des équilibres climatiques reste largement sous-estimé. 42,2% des personnes interrogées sont d’avis qu’il n’atténue pas la problématique du CO2, contre 41% d’avis opposés.
La gestion des déchets radioactifs, que les milieux hostiles à l’atome utilisent de longue date comme épouvantail, est considérée comme un grand défi, mais 53,4% de la population estiment que des solutions existent. Ce sondage confirme que les femmes restent plus réservées sur le nucléaire. 49,8% d’entre elles disent oui à la construction de nouveaux réacteurs pour remplacer les anciens, contre 59,9% chez les hommes.

Près de 15'000 nouvelles installations d’une puissance totale de 37'500 mégawatts-crête (MWc)! Tel est, dûment chiffré, le développement de la capacité éolienne mondiale comptabilisé au cours de l’année 2009. La puissance globale, au 1er janvier 2010, atteignait 143'000 MWc, pour une production annuelle estimée à 300 milliards de kilowattheures, soit cinq fois la consommation de la Suisse, ou l’équivalent de la production de 35 centrales nucléaires.
Le boom éolien de 2009 doit beaucoup à la Chine, qui est à l’origine du tiers de la croissance mondiale. Elle entend porter sa capacité à 150'000 MWc d’ici à 2020. En Europe, l’éolien a progressé de 23%, moyennant un investissement de 13 milliards d’euros. Aujourd’hui, 4,8% de l’électricité produite dans l’Union européenne est tirée du vent.
Petit bémol à l’enthousiasme général sur ces taux de croissance record, le commentaire du patron du groupe russe Gazprom Export, Alexandre Medvedev: «Pour 4 mégawatts éoliens installés, il faut 1 mégawatt d’énergie fossile en soutien pour prendre le relais de la production quand il n’y a pas de vent». Autrement dit, un fort développement éolien se traduit obligatoirement par une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

4800 mégawatts-crête de puissance installée en 1995, 143'000 en 2009 le boom éolien mondial en chiffres.

Faire cavalier seul sur la question des gaz à effet de serre porterait durement atteinte à la compétitivité de notre pays et affecterait les résultats de la politique de réduction de CO2 obtenus jusqu'ici par les entreprises industrielles. L’association economiesuisse met en garde contre les effets pervers de l’initiative climatique des organisations écologistes.
La Suisse devrait décider rapidement de l’orientation future de sa politique climatique. Ainsi, le peuple se prononcera sur l’initiative des organisations environnementales, qui exige notamment une réduction de 30% des émissions de gaz carbonique d’ici à 2020. Il faudra d’autre part engager une révision de la loi actuelle sur le CO2, qui échoit en 2012.
Economiesuisse est favorable à la stratégie climatique du Conseil fédéral, compte tenu d’un objectif de réduction des émissions de 20% avec la prise en considération de mesures réalisées à l’étranger. Autrement dit, il suffirait de soumettre la loi existante à une révision partielle. Cette approche pragmatique donnera au législateur le temps de transposer les évolutions internationales futures dans la législation nationale.
La majeure partie de l’industrie, qui déploie de grands efforts de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, ne pourra être transformée du jour au lendemain en un secteur neutre sur le plan climatique. Or ces entreprises représentent plusieurs centaines de milliers d’emplois directs et indirects. «Les mettre en péril en transférant simultanément les émissions de CO2 dans d’autres pays ne bénéficierait ni au climat ni à notre économie», estime economiesuisse.

Petit bouquet de désinformation
Lors de la récente campagne vaudoise sur la centrale nucléaire de Mühleberg, un membre de l’association écologiste vaudoise ADER avait reçu de la présidente de ce mouvement un mail avec des informations dont certaines lui paraissent surprenantes. Aussi nous les a-t-il soumises en nous demandant notre avis.
Première affirmation figurant dans ce mail: «On génère dix fois plus d’énergie si on investit le coût d’une centrale nucléaire dans les sources renouvelables». Faux! La fabrication des modules solaires qui seraient nécessaires pour produire la même quantité d’électricité que la centrale de Mühleberg coûterait, au prix actuel, près de 25 milliards de francs. La centrale de Mühleberg a coûté moins de 2 milliards de francs. Deuxième affirmation: «La future centrale hydroélectrique glaronnaise de Linth-Limmern produira dès 2015 davantage d’électricité que la centrale nucléaire de Leibstadt, la plus grande de Suisse.. ». Faux! Linth-Limmern produira six fois moins d’électricité que Leibstadt. Troisième affirmation: «Les énergies renouvelables génèrent des dizaines de milliers d’emplois… ». Faux! Selon une prudente estimation, ce secteur d’activité recouvre actuellement en Suisse entre 2000 et 3000 emplois, et cela grâce à une politique de subvention massive de la part de la Confédération, des cantons et des entreprises électriques.
Rédaction: Jean-Pierre Bommer
Sources: Swissnuclear, economiesuisse, Les Echos
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