Bulletin d’actualité énergétique No 59 – le 17 février 2009
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Belles réalisations durables

Bus à hydrogène, électrification solaire, biomasse régionale, motivation des usagers: à l'occasion de la Semaine de l'énergie durable, la Commission européenne a récompensé six projets qui témoignent de l’ingéniosité et de la créativité dans des domaines en plein essor.

Ces récompenses honorent des initiatives remarquables, ambitieuses et innovatrices en matière d’énergie durable. Elles consacrent des projets européens, mais peuvent être aussi attribuées à des participants d’autres régions du monde. Six lauréats dans cinq catégories ont été désignés parmi plus de 250 projets en lice cette année.

Dans le cadre des programmes de coopération, la société française PlaNet Finance Group a développé le projet Rendev qui permettra à des populations rurales du Bangladesh et d’Indonésie d’obtenir des micro-crédits pour se doter d’équipements de production d’électricité solaire. Les prix des équipements sont modérés et le projet présente un potentiel de reproductibilité élevé.

Le groupe allemand PE International est chef de file du plus grand projet de démonstration, de recherche et de diffusion du monde concernant les bus à hydrogène. Il a réuni une trentaine de partenaires de l’industrie, des pouvoirs publics, des universités et des sociétés de conseils pour mettre en circulation quarante-sept bus dans dix villes sur trois continents.

L’atelier d’architecture portugais Sonae Sierra a développé des concepts techniques et économiques pour favoriser les pratiques durables dans l’efficacité énergétique des bâtiments. L’association belge Connect Mobiel 21 a lancé une action scolaire attrayante pour inciter élèves et parents à se déplacer à l’école de manière sûre et écologique pendant une semaine. Plus de 15’000 enfants ont déjà participé à cette campagne de sensibilisation.

Un consortium d’agriculteurs et de collectivités locales d’Ombrie a défini et mis en œuvre une stratégie régionale de production d’énergie à partir de bois et de biomasse agricole. Ce projet initialement local fait actuellement tache d’huile dans l’Italie toute entière. Enfin, la société britannique Climate Energy Ltd a lancé une campagne de motivation pour l’efficacité énergétique. Elle propose aux particuliers des mesures d’économies, agrémentées de programmes de subvention en faveur des consommateurs les plus défavorisés.


Le désespoir de zappeurs lorrains

Images superposées, «flocons de neige», grésillements: tel est depuis treize mois le quotidien télévisuel d’une majorité des 950 habitants du village français Sorcy-Saint-Martin (Meuse). En cause, un parc d’éoliennes situé dans son voisinage.

A Sorcy-Saint-Martin, rapporte le quotidien Républicain Lorrain, les habitants ne décident plus de leur programme télé. Ils se contentent de regarder la chaîne qui fonctionne. Et de croiser les doigts pour qu’elle tienne le coup jusqu’au bout de l’émission. Dans son salon, Bernard Tirlicien, 61 ans, s’arrache les cheveux. Il y a un mois, ce retraité a acquis un superbe écran plat. Mais rien n’y fait. L’autre jour, il essayait tant bien que mal de regarder un jeu télévisé: «Toutes les trois secondes, il y a comme un flash sur l’image. En général, ça finit par m’énerver et j’éteins. »

Autant dire que la convalescence de ce télévore, opéré dernièrement du pied, prend des allures de calvaire. Trois cents mètres plus haut, Yves Savard, même âge, doit faire une croix sur le journal de France 3. L’image est coupée en deux: «Je regardais M6 et j’avais RTL 9 en fond!» Images flottantes ou superposées, neige, coupure du son, grésillements semblables à ceux d’un hélicoptère ou découpage de l’écran façon puzzle, tel est le quotidien télévisuel des habitants de cette commune.

La situation dure depuis 13 mois. Précisément depuis que la société espagnole Iberdrola a mis en activité son parc de cinq éoliennes. Les pales géantes ont beau être situées à 3 kilomètres du village, sur le ban de la commune voisine, les antennes ont un mal fou à réceptionner les ondes. Ce qui dans l’absolu n’a surpris personne. Les mâts sont implantés pile entre leur commune et l’émetteur voisin. On a eu beau changer à deux reprises les canaux, le problème persiste.

«Des fois ça marche parfaitement. D’autres pas. Ça dépend du vent, de l’orientation des machines et de si elles fonctionnent ou pas», soupire Arnaud Antonelli, président de Zap’Atouvent. L’association s’est constituée en octobre dernier. Sur les 420 foyers de la commune, 192 adhèrent à ce collectif qui multiplie démarches et courriers. Préfecture, député, sénateur, répression des fraudes, réunions publiques, contacts avec Iberdola, tout y passe. Sans grand résultat. «On a l’impression de se battre contre des moulins. C’est le pot de terre contre le pot de fer. Vu de Paris, on ne pèse pas grand-chose», déplore le maire du village.


Sondages d'ici et d'ailleurs

Courageux mais pas téméraire, le gouvernement suédois! Avant d’annoncer sa décision de ne pas fermer les centrales nucléaires et d’en construire de nouvelles pour remplacer les anciennes, il avait discrètement pris la température de l’opinion. Et bingo! Un ultime sondage, publié le 11 février dernier, est des plus éloquents: 62% d’avis favorables à l’atome, 28% hostiles et 10% d’indécis.

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La tendance est en train de basculer en Suisse également. Pour la première fois, un sondage périodique de l’institut Demoscope révèle une courte majorité de citoyens estimant que le pays aura besoin de nouvelles centrales nucléaires: 46% pour, 44% contre.

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Le nucléaire est acceptable du point de vue éthique! C’est en tout cas l’avis d’une majorité (52%) de croyants suisses, comme en témoigne ce sondage effectué par le groupe de travail Christen und Energie auprès de quelque 4000 représentants des communautés chrétiennes de Suisse alémanique. 44% expriment un avis contraire, ou pour le moins réservé.


Ils l'ont dit…

«Il se pourrait qu’un millier de nouvelles centrales nucléaires soient nécessaires dans le monde ces 40 prochaines années pour maîtriser les défis du changement climatique et de la sécurité d’approvisionnement».
Gordon Brown, Premier ministre britannique

«Nous devons mettre en œuvre un programme nucléaire ambitieux et développer des infrastructures à grande échelle, parce que nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas le faire si nous voulons assurer la survie de plus de 6 milliards d’individus».
Lyndon Larouche, économiste et homme politique américain

«Nous avons clairement la volonté d'acquérir un savoir-faire nucléaire afin de pouvoir devenir un jour un véritable acteur dans l'exploitation de centrales».
Christophe de Margerie, directeur général du groupe pétrolier Total

Adressez vos questions et commentaires à info@frenergie.ch

Rédaction: Jean-Pierre Bommer
Sources: Financial Times, Le Républicain Lorrain, FRE, EIR, Berner Zeitung

En bref

Pas terribles, les lampes économiques! Une étude du magazine alémanique Ökotest révèle qu’elles délivrent jusqu’à 34% de lumière en moins et consomment jusqu’à 50% de courant en plus que mentionné sur les emballages. A quoi s’ajoute le fait qu’elles produisent des champs électro-magnétiques élevés et (c’est nous qui l’ajoutons) contiennent des substances toxiques pour l’environnement.