1. Situation des réacteurs
Les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi sont désormais refroidis directement par apport d’eau douce. Les systèmes d’injection dans les cuves ont été fiabilisés. L’eau fortement contaminée est prélevée depuis les bâtiments des turbines, puis traitée dans les deux installations mises en service au mois de juin avec l’aide des groupes français Areva et Veolia Eau (Fre-news No 110). Après désalinisation, cette eau est réinjectée dans les cuves (cf. figure ci-dessous).
Des injections d’azote sont effectuées dans l’enceinte de confinement des réacteurs 1, 2 et 3 pour éviter tout risque de combustion d’hydrogène. La situation des réacteurs apparaît ainsi stabilisée, les quantités d’eau saumâtre présentes dans les parties basses des bâtiments étant en nette diminution.
Les investigations visant à évaluer l’état des cœurs des réacteurs se poursuivent. Après être intervenus dans le bâtiment du réacteur 1, des opérateurs et des robots ont pu pénétrer dans le bâtiment du réacteur 3 après l’évacuation des débris présents autour du bâtiment. Des débits de dose élevés ont été relevés dans le bâtiment turbine 1 et à proximité de la cheminée du réacteur 3, mais qui ne présentent pas de risques sanitaires pour le personnel d’intervention. Les dernières investigations menées par l’exploitant des centrales, Tepco, n’ont pas remis en cause les évaluations précédentes de l’état des cœurs et des enceintes de confinement.

2. Piscines d’entreposage de combustibles
Les piscines d’entreposage des six réacteurs sont refroidies par les réseaux existants et par un apport d’eau externe pour compenser l’évaporation. Un système de refroidissement alternatif équipé d’un échangeur de chaleur a été testé sur la piscine 4, qui a permis de réduire fortement les niveaux de chaleur précédents. La température de l’eau des piscines est désormais stabilisée entre 28 et 42°C. Un système équivalent est en cours d’installation sur la piscine du réacteur 1.
Les séismes survenus près des côtes de l’île d’Honshu les 30 juillet et 1er août derniers, de magnitudes 6,4 et 6,1, n’ont pas affecté les installations du site de Fukushima Daiichi. La résistance des structures de génie civil des bâtiments de réacteur en cas de fort séisme reste cependant un sujet de préoccupation pour les spécialistes.
3. Les rejets de radioactivité
Par ailleurs, Tepco prépare la pose d’une superstructure sur les bâtiments des réacteurs 1, 3 et 4 afin de limiter les rejets atmosphériques. Une première structure est en cours de test à l’extérieur du site. Elle sera ensuite installée autour du bâtiment de réacteur 1. Enfin, des pulvérisations de produits fixants sur les sols et les bâtiments se poursuivent pour réduire la dispersion des dépôts de radioactivité par les vents et les pluies.
Le 19 juillet, Tepco annonçait avoir achevé la première phase de son plan de stabilisation, qui a pour but de réduire les rejets radioactifs résiduels, de fiabiliser le refroidissement des réacteurs et des piscines, et de sécuriser les stockages d’eau contaminée. La seconde phase, d’une durée prévisionnelle de 3 à 6 mois, vise à atteindre un état d’arrêt à froid des réacteurs (températures en sortie de cuve inférieures à 100°C) et à diminuer les quantités d’eau contaminée présente sur le site. Il faudra prévoir des délais de 3 à 5 ans pour décharger les assemblages de combustible, puis de 10 à 20 ans pour le démantèlement complet des centrales accidentées. Enfin, le gouvernement japonais vient d’annoncer son intention de créer une nouvelle autorité de sûreté nucléaire, qui sera placée sous l’autorité du ministère de l'Environnement.
Rédaction: Jean-Pierre Bommer
Sources : IRNS, AIEA, Tepco
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