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Bulletin d’actualité énergétique no 91 – le 30 août 2010
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Grâce à un effort constant  de modernisation et de rééquipement, la centrale nucléaire suisse de Leibstadt a augmenté sa production annuelle de 2 milliards de kilowattheures au cours de ses 25 premières années d’existence. De quoi couvrir les besoins de tous les ménages de Zurich et de sa banlieue.

Depuis sa mise en service en 1984, la plus grande centrale électrique du pays a produit plus de 200 milliards de kilowattheures d’électricité, ce qui correspond à quatre années de consommation totale du pays. La production annuelle initiale de 7 milliards de kWh a été entre-temps portée à plus de 9 milliards de ces mêmes kilowattheures grâce à l’amélioration de l’efficacité des turbines, à l’accroissement des taux de puissance de l’ouvrage et au raccourcissement des arrêts de révision annuels.

L’amélioration constante des procédés techniques et des processus internes, ainsi que la post-formation continue du personnel ont permis à Leibstadt d’atteindre un niveau de fiabilité exceptionnel et d’obtenir une excellente notation lors des évaluations annuelles de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire. La centrale située sur les bords du Rhin est aujourd’hui parfaitement acceptée et intégrée par les populations suisse et allemande voisines.

Leibstadt avait célébré son quart de siècle l’automne passé en organisant à l’intention de cette population une « fête de l’électricité » d’une tonalité particulière, avec de nombreuses attractions et une petite merveille technologique sous forme de guirlande longue de 25 kilomètres, tressée de lampes LED à basse consommation de courant.

D’autres travaux de modernisation sont inscrits au programme des années à venir. Ils permettront à l’installation de se maintenir au niveau le plus récent de la technique et de poursuivre sa mission en faveur de la sécurité d’approvisionnement de la Suisse en électricité. La durée de vie de la centrale, initialement estimée à 40 années, sera sans doute portée à 50 ou 60 ans grâce à cet effort constant de mises à jour.

Petite comparaison pour illustrer le formidable potentiel de productivité d’une centrale nucléaire : si l’on voulait produire les 2 milliards de kWh annuels supplémentaires de Leibstadt au moyen du nouveau renouvelable, il faudrait installer 11 kilomètres carrés de panneaux photovoltaïques au prix de 15 milliards de francs au prix actuel, ou 705 éoliennes géantes occupant une superficie de 50 kilomètres carrés, au prix de 3 à 4 milliards de francs.


La société britannique Atlantis Ressources a présenté le 11 août dernier la plus grande et la plus puissante turbine marémotrice jamais construite au monde.

Baptisée « AK 1000 », cette installation sous-marine géante développe une puissance de 1 mégawatt avec des déplacements d'eau de 2,65 mètres par seconde, soit suffisamment d'électricité pour alimenter un millier de ménages.
Cet ouvrage, qui sera immergé près des côtes écossaises, a été conçu pour résister aux conditions extrêmes des milieux océaniques, telles qu’on les rencontre dans cette région. Avec ses deux rotors d'un diamètre de 18 mètres chacun, l’installation pèse 1300 tonnes, pour une hauteur de 23 mètres.

En comparaison de l’éolien aérien, une turbine marémotrice présente l’avantage de produire de l'énergie dite « prévisible » à des vitesses de rotation relativement basses (entre 6 et 8 tours par minute), préservant ainsi au mieux la faune marine.

Atlantis Ressources prévoit d'utiliser l'énergie ainsi produite pour alimenter un centre de données informatiques, à l'extrême nord de l'Ecosse, à l’intention d’un certain nombre d’entreprises. Celles-ci auront ainsi la possibilité de privilégier l'option des sources d’énergies renouvelables plutôt que de dépendre de l'électricité délivrée par le réseau national.


Les réserves de combustible sont amplement suffisantes pour accompagner la relance de l’énergie nucléaire dans le monde. C’est ce que confirme la dernière évaluation officielle des quantités d'uranium actuellement disponibles. Et la mise en œuvre progressive des réacteurs de 4e génération permettra de porter ces réserves à plusieurs milliers d’années.

Intitulée «Uranium 2009: ressources, production et demande», publiée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE, une nouvelle étude révèle que les ressources prouvées à l'heure actuelle sont suffisantes pour assurer la fourniture d'uranium durant plus de 100 ans.

Les deux agences précisent que ces prévisions sont fondées sur l'état actuel de la technologie en matière de production d'énergie nucléaire. Le recours aux technologies avancées pour les cycles d'utilisation du combustible permettra toutefois de démultiplier l’apport des ressources disponibles, qui se traduira alors en milliers d’années d’utilisation.

Les gisements d’uranium actuellement en exploitation, à des prix de l’ordre de 130 dollars le kilogramme, représentent une centaine d’années de consommation mondiale au rythme actuel. Il s’agit essentiellement de gisements de minerai et de sous-produits du phosphate facilement exploitables.

Face à la hausse prévisible de la demande, les investissements dans l’exploration de nouveaux gisements ont fortement augmenté dans le monde au cours des dernières années. Les progrès techniques en matière d’extraction permettent de valoriser des gisements jusqu’ici non rentables. Leur développement portera la durée des réserves à plusieurs centaines d’années de production d’électricité.

A quoi s’ajoutent les réserves «maritimes». Des milliards de tonnes d’uranium sont dissoutes dans l’eau de mer. En cas de hausse sensible du prix de l’uranium, ce potentiel maritime deviendra rentable et assurera des milliers d’années de réserves. Enfin, avec les réacteurs de 4e génération, tels les surgénérateurs sur lesquels travaillent notamment les Russes, les Français, les Chinois et les Japonais (prototypes de taille industrielle déjà réalisés), et avec l’utilisation future du thorium, un combustible nucléaire encore plus abondant que l’uranium, il sera alors possible d’assurer les capacités de production nucléaire pour des milliers d’années.


Les questions que vous nous posez

Pourquoi vouloir construire de nouvelles grandes et coûteuses centrales alors qu’il suffirait d’économiser l’électricité pour réduire les risques de pénurie ? Une question qui nous a été posée par plusieurs lecteurs

Il existe effectivement un potentiel d’économie considérable en matière d’énergie, mais c’est dans le chauffage des immeubles et les transports routiers qu’il se trouve. On pourrait réduire les besoins en combustibles fossiles (pétrole et gaz) en assainissant les immeubles existants et en accélérant le recours aux pompes à chaleur, au chauffage à bois et en développant des réseaux de chauffage collectifs. Et les voitures électriques consomment moins d’énergie que les modèles à essence.

Cela étant, tout effort de substitution dans le chauffage et de développement des sources renouvelables entraînera une forte hausse des besoins en électricité. Il faut autant d’électricité pour fabriquer et installer un panneau solaire que ce même panneau fournira en 2 à 4 années d’activité. Besoins auxquels s’ajoutent une population croissante (il se construit près de 40'000 nouveaux logements par années), la modernisation de l’industrie et l’informatisation des activités humaines. C’est peu dire que nous aurons absolument besoin, et rapidement, de nouvelles grandes centrales électriques.

Cessons de culpabiliser les gens ! L’électricité est partout présente et ne représente pourtant que 24% de l’énergie consommée. Cela veut dire qu’elle est déjà utilisée de manière économe. Les Suisses ne sont pas gaspilleurs. Nous sommes l’un des pays développés qui utilisent le moins d’énergie pour produire un franc de Produit intérieur brut. Ce qui témoigne d’une efficacité très élevée de l’utilisation de l’électricité. Exemple: l’industrie suisse des machines a diminué sa consommation de courant de 28% depuis 1990, tout en augmentant sa productivité dans des proportions équivalentes.

Rédaction: Jean-Pierre Bommer
Sources: Forum nucléaire suisse, OCDE, Enerzine, FRE

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Turbine maréemotrice AK 1000

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